Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 19:37

 

L'endroit ou je vis
ou je vis sans presque d'amis, ou je transforme le bruit d'une trop longue vie,
d'une vie sans surprises, ou triomphe la loi du Kapital,
dans l'or du silence.
Que mes paroles soient amis de tous les réprouvés, de ceux qui sont loin de leur pays,
pays introuvables des reves, de l'espoir humilié à coup de zero bien frappés sur des cheques,
des bandes magnétiques de cartes bleues.
J'emtame mon combat desespéré contre les habitudes des hommes menés par l'argent,
contre les dures regles de la vie en société, contre la mort de l'amour et de l'espoir,
contre la loi de l'argent.
Je suis mandaté par des gens qui sont morts il y a longtemps déjà, et tu es là,
magnifique et tendre comme une image asiatique, ma bien-aimée, trop loin depuis trop longtemps déjà.
Penses! me murmure les phantomes de ceux qui sont morts sans avoir connu la révolte,
et qui pour cela ne peuvent trouver le repos dans la télévision du paradis...
Marseille, je me souviens...son plus grand poète, devant lequel Pagnol rentre dans son poulailler,
terrifié par la déferlante noire de la véritable magie
"car nous avons plus d'un enemi, mon fils, nous les capitalistes!"
Oui Marcel, tu es bien vite rentré dans ta niche,
avec le chateau de ton pere, et les secrets de ta mere,
et les petits-bourgeois qui ont fait ta fortune.
Mais aujourd'hui qu'il n'ya plus de petits-bourgeois, tu survis,
tandis que le seul grand poète marseillais est partout maudit,
sur Youtube par exemple ou on a choisi,
le morceau de son oeuvre ou il risque d'etre le plus mal compris
"La ou ca sent la merde, ça sent l'être", qui donc sans préparation peut comprendre ce cri,
issu du fond de l'homme cosmique, décoché comme une flèche contre la bourgeoisie?
Ou en cette epoque il n'y a plus de petits bourgeois, tous exténués par le travail,
contre lequel je rime, maille après maille, le tissu d'une révolte éternelle,
toi Marcel, tu aides encore les imbéciles à trouver le sommeil!
Mais le destin de l'homme est plus profond qu'une querelle poétique marseillaise...
Comment ne pas perdre son temps, dans cette cage abstraite,
comment accoucher de ce qui dans nos esprits est encore à naitre?
Il faudrait aller contre le cours du monde, ecrire les mots vitaux,
les cris qui reveilleraient nos amis humains-animaux,
malgré l'ordinateur central qui monopolise l'attention, bâtir chaque jour les germes de la rebellion,
exploiter les failles de la programmation des vies, du nouveau dieu Biopouvoir,
creuser comme un vers le plancher de la rationalité,
expulser de nos vies tout ce qui est conpromis,
mou, pas à même de graver dans le coeur des millénaires,
les phrases d'or qui feront d'une autre façon tourner la Terre.
Une tension mentale, reste de café, me fait écrire.
Les anges m'escorteront-ils dans cette tâche difficile?
Convertir l'impuissance en création, création de rythme, de syntaxe,
tel Artaud je voudrais appeller ceux qui ne sont pas encore nés,
par delà la dictature de la société de consommation, il faudrait qu'un signe passe,
qu'un horizon se dessine.
J'étais donc à Marseille et je m'y perdais
pourquoi ne pas, comme Michaux à Onfleur, peupler Marseille de chameaux?
Les habitants de cette contrée sont bourrus,
s'interesse au football comme autrefois à Dieu le père,
même l'opposition vote pour l'agrandissement du stade, toutes tendances confondues,
pour ne pas subir le courrou populaire. Dans le stade ça fume des joints, et l'on croquerait bien un petit parisien,
on jette des boulons aux supporters d'en face, on mange des glaces,
autour du ballon tout le monde se réconcilie, toute la ville résonne des cris du peuple les soirs de match.
Par tarahumara68
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