« On m’appelle Clème j’ai 22 ans, je vis à Paris, et j’suis dans la merde «
Fin d’année 2011 je suis enceinte, le papa étant devenu alcoolique et joyeusement violent je décide de survivre dans ce monde et je le quitte puis je me mets de suite à chercher un logement,
C’est à ce moment la précisément que mon combat commence (Janvier 2011)
Je suis donc obliger de vagabonder entre chez ma mère et chez mes amis pour ne pas trop envahir tout le monde. Au mois de Mai désespéré, je vais voir les assistantes social qui me disent en
refrain bien amère « mais mademoiselle fallait réfléchir avant de faire un bébé, et puis appeler le 115 ils vous trouveront un lit pour ce soir «
Ce à quoi je réponds « mais madame vous savez que des femmes sdf préfèrent dormir dehors plutôt que d’aller dans des foyers sdf car il y a des violences, des vols et des agressions sexuel
?! Et vous voulez que je prenne ce risque en étant enceinte ?! « Et la, la phrase de trop « quitte à vous faire violer que ce soit dans la rue ou agresser chez vos amis autant aller
en foyer sdf vous serez un poids en moins pour vos amis «
A ce moment-là j’étais enceinte de 5 mois je venais d’être hospitalisé car mon p’tit gars était trop pressée de connaitre le monde j’étais censé rester allonger h24 avoir un lourd
traitement et éviter le stress pour ne pas que mon bonhomme débarque avant l’heure … mais quand on n’a pas de domicile ….. !!!! C’est à ce moment-là que j’ai compris que le système du chacun pour
soi était un système bien ancré dans les mœurs avec cette politique de droite
Il faut bien comprendre une chose, je connaissais le père de mon fils depuis 10 ans, en couple depuis 5 quand nous avons appris la nouvelle, nous avions un cdi un bel appartement et même un
adorable toutou !! Nous avons donc pris la décision d’élargir notre famille puisque nous avions les moyens, par conséquent ce bébé a été désiré et voulu !!!
Mon p’tit bonhomme ne me lâche plus il veut sortir, je multiplie les aller retours a l’hôpital, je prends de plus en plus de médicaments, je vais voir d’autre assistante social qui me disent
cette en plus de la connerie habituel qu’il fallait réfléchir avant de faire un bébé dans n’importe quelle condition, que faire un dossier HLM ne servirai a rien j’en aurai pour des années car il
y a plus prioritaire que moi …. Je perds espoirs, mes amis, ma famille me donne espoir alors je continu au-delà du possible a me battre …
Juillet 2011 6 mois et demi, il faisait beau (j’étais partis chez un ami à Orléans pour me changer les idées ) la nuit , impossible de dormir , contractions toutes les deux minutes sur 24 heure ,
je serre les cuisses et décide d’écourter mon weekend end , retour à paris
Je retourne chez ma meilleure amie , je lui parle de mon soucis , ne connaissant pas la grossesse elle ne voit rien de grave , j’appelle les urgences , on me hurle « INCONSCIENTE
VENEZ VITE A L’HOPITAL « J’appelle le taxis , je débarque a l’hôpital , je reste des heures , le médecin vient me voir et me dit que l’hospitalisation est la meilleure solution , mon loulou veut
sortir et n’attendra pas le terme. Je pleure je ris je comprends pas tout, j’ai trop de choses a faire dehors , donc je signe une décharge je repars chez mon amie ,
Et Bim Badaboum la poche des eaux est percée … je comprends pas ce qui m’arrive, j’appelle le SAMU, qui m’envoie une ambulance (sachant que j’pouvais accoucher d’un moment à l’autre que mon état
était préoccupant mais économie oblige, il ne m’ont pas envoyer de médecin …)
L’ambulance mettra 2 heure pour arriver, ils ne savent pas trop à quel hôpital m’emmener, Ils se décident finalement pour Versailles (spécialisé en prématurité) à 1h de la, j’me souviens de
l’état second dans lequel j’étais, abasourdi …. ! Mon loulou mettra 1H 30 a montrer sa frimousse ce jour de 11 juillet, il ne va pas bien on le mets en couveuse,
A ce moment-là je suis resté hospitaliser 15jours, les assistantes social multiplies les aller retours dans ma chambre et m’informe qu’un signalement a la DDASS a été fait au sujet de mon fils et
moi car notre situation sans domicile est jugé préoccupante
Je me bats, je fais convoquer mes amis , ma famille , pour prouver que je peux être une bonne mère , que j’aime ce bébé que j’ai mis au monde , qu’en allant vivre chez maman temporairement on
peut y arriver ; Je réussis a récupérer mon loulou après 1 mois et demi d’hospitalisation , c’est décider nous allons vivre chez ma mère , en plus de m’occuper de mon fils jour et nuit je cherche
un logement . Les agences immobilières me disent non des que je leur dis que j’ai un enfant (une loi protègerait les parents d’enfants en bas âge de l’expulsion) …
Novembre 2011, une agence me fait confiance, paris lancé de prouver que je suis une bonne maman ! Je pars donc vivre dans mon appartement, dans une ville reclus au milieu des champs, mes amis
habitent a 3heures ma mère à 1H 30 ….Je me retrouve seule au monde avec mon p’tit bonhomme, mais le courage ne manque pas … Pas le choix de toute façon survivre ou crever
Nous sommes en février 2012 , toujours rien , je vis dans mon appartement , mon fils grandis , il me souris , pour lui je continu de me battre , Mon employeur et moi avions conviés de faire une
rupture conventionnel , mais changement de refrain , il ne veut plus … je suis donc obliger de faire un abandon de poste pour pouvoir repartir de zéro car travaillant en horaires décalé je
ne peux pas reprendre le travail , car les crèches ne font pas d’horaires adaptés à ma situation , donc je dois prendre une assistante maternelle qui me couterait au minimum 800 euro dont la caf
me rembourserait la moitié .
Petit calcul très simple : 120 d’aide APL + 180 PAJE + Allocation mère isolé : 80 euros + RSA socle majoré ( complément d’activité ) 266 euros = 646 voilà au mois de février mon unique ressource
; sachant que je ne touche pas de pension alimentaire mais que le papa m’aide comme il peut en faisant de temps en temps des courses pour notre fils .
Et voici mes dépenses : 600 euros de loyer + 180 (EDF, internet, assurance habitation, forfait téléphonique) = 780 euros de charge (sans compter la nourriture les couches les vêtements pour mon
fils etc. … )
Pour survivre et non plus vivre, je me bats continuellement, une assistante social me guide vers l’aide alimentaire de la croix rouge , pour une aide alimentaire . Ce n’est pas chose facile que
d’y aller, il vous faut une bonne dose de courage, oublier sa fierté, on perds l’estime de soi. on est au plus bas de l’échelle social , je me suis sentis victime d’une société du chacun pour soi
ou seul les plus riches vive décemment je côtoie lors de mes passages des famille entière dans la pauvreté extrême , j’ai mal , j’en pleure , je cris , me révolte mais pas le choix j’ai un enfant
à élever . Par chance je m’accroche à lui, à son sourire, a ses rires, il me donne la force dont j’ai besoin pour garder l’espoir et l’envie de pas lâcher …
Avril 2012 la CAF me baisse mes aides, je me retrouve avec 300 euro pour payer mes factures, ayant puisé dans mes découverts je ne peux plus faire d’opération bancaire je me retrouve pieds
et poings liés. La croix rouge ayant de plus en plus de monde, donnent de moins en moins pour repartir les quantités. Je me retrouve donc obliger de cumulé l’aide de la croix rouge et les restaus
du cœur pour survivre … mon employeur ne me licencie pas il connait ma situation mais estime que « je profite de l’état « par conséquent il fait trainer mon licenciement.
Aujourd’hui Nous sommes le 12 Mai 2012, ma galère à commencer en Janvier 2011, cela fait donc 17 mois que je survis avec mon fils, et je crois que ça n’est pas près de s’arrêter
Sur les réseaux sociaux, dans la rue, dans le métro je vois des gens sans arrêt dénigrer des personnes comme moi, dire qu’il faut supprimer les aides pour des personnes qui ne travaillent pas ,
mais si vous avez lu jusque ici vous pouvez constater que JE VEUX TRAVAILLER mais que je ne peux pas , l’état ne favorise pas la reprise du travail pour une mère célibataire .
Je souhaite par mon écrit faire passer deux messages :
Le premier étant pour les politiques intolérants , les grands de ce monde , je souhaite qu’il regarde la France dans bas , en n’oubliant pas la France d’en haut car ma situation m’a appris à ne
négliger personne , je souhaite les interpeller sur le fait qu’aujourd’hui en France des milliers de famille survive et on cesser de vivre à cause des prix toujours plus élever des salaires qui
n’évoluent pas , des loyers excessifs , les alerter sur ces situations préoccupantes , sur le fait que sans argent nous ne sommes plus libre de vivre , mais victime d’un système oppressant qui
vous fait manger des cachetons a longueur de journée pour tenir le coup , d’autre se servent de l’alcool pour oublier , d’autre encore ne sont que l’ombre d’eux même . Je demande aux politiques
que soit pris en considération le petit peuple, que « l’humain d’abord soit une règle de vie et de société « dans cette France qui cache ce qu’elle ne saurait voir …
Le second est pour tous les gens qui comme moi connaissent et on connut la galère : vous avez pu comprendre ce que je vis, ACCROCHEZ VOUS !!!!! Ce n’est pas une fatalité en soit, on peut tous
s’en sortir et on s’en sortira, les urnes mes amis, les urnes peuvent nous aider , voter , voter c’est dire non a une politique du chacun pour soi et oui à l’humanité d’abord . Je me suis rendus
compte en discutant avec des « camarades « du même partis que moi que ma fierté est baisser mais mon combat est beau, je survis pour que mon fils vive … Accrochez-vous ne perdez pas
espoir, un ami, un enfant un copain un souvenir, il y a toujours quelque chose à quoi s’accrocher , si la société accepte de nous regarder et de nous prendre en considération on s’en sortira …